Nietzche disait "L'homme est comparable à un arbre : plus il veut s'élever vers le haut, la clarté et la pureté, plus ses racines s'enfoncent dans la terre, les ténèbres, le mal."
Mes cheveux ruisellent sur mes omoplates et mon dos nu. Des paquets de mèches mouillées comme autant de petits bras tentaculaires. Je ne suis pas un, je suis plusieurs. Mon corps comme l'amas d'un millier de désaccords, entre réalité perçue, voulue, ou réelle, entre souvenirs, présent et projections. Et la haine, la haine, toujours la haine. Haine de poussière, putride, stérile. Et ma tête qui gravite autour de cet imposteur et le regarde s'effriter de jour en jour.
Je tourne en rond et l'issue est bien trop loin au bout du jour et de la nuit. Gorge brûlante et langue râpeuse, il faudrait que j'appelle à l'aide mais les mots sont mes obstacles. Je ne vois pas un tunnel et je ne vois pas la lumière - il n'y a plus rien que je puisse distinguer. Je suis perdue mais j'avance - l'action entrave la pensée. Ma bouche est un trou noir où toute parole se noie. Et sur mes lèvres, imprimées en filligrane, les traces d'un passé honteux.
I want to I want to be someone else or I'll explode
Floating upon the surface for the birds, the birds, the birds
You want me ? Fuckin' well come and find me
I'll be waiting With a gun and a pack of sandwiches