Comment tourner le dos aux habitudes de plus de 4 années de vie ?



J'en ai marre, je suis perdue, seule, j'ai plus la force.



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# Posté le dimanche 27 juillet 2008 06:55
Modifié le mardi 19 août 2008 14:20

Bribes.

Bribes.


Je passe ma vie dans les bus et dans les trains. Et j'ai toujours un carnet où j'aligne quelques mots quand m'en vient l'inspiration. A défaut d'écrire de vrais textes ;)


J'ai la tête qui tourne, c'est le manque. J'ai vidé trop tôt ma boîte de cachets, à force d'en avaler une double dose. Où se cache le repos, si ce n'est dans ces petites pillules blanches destructrices? Ne pas manger, vomir, ingurgiter trop d'antidépresseurs, tout pour ne pas saisir la réalité dans son ensemble. Rester dans le flou parce que c'est toujours mieux que de plonger dans l'abîme que m'ouvre la conscience sur moi, les autres, le monde.

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Je ne tends pas la main pour ne plus me déséquilibrer. J'attends. Qu'ils viennent seulement. Je ne fuis plus les contacts physiques, leurs doigts me passent au travers. Je prends trop de place mais je n'ai plus de consistance. Le vide, encore. Je suis intouchable, insensible. Coquille vide, Poussière, Dessèchement.
Le bonheur se trouve sûrement plus loin dans l'oubli, plus loin dans l'absence de sentiments. Je persévère.

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J'implose. Mes boyaus se tordent, quelques remous sur la peau de mon ventre. La bouche se plie en une imperceptible grimace, la peau des lèvres se craquèle. J'ai le corps entier qui vibre, mes veines palpitent. J'ai un cri coincé dans la gorge mais je le refoule dans ma trachée. J'étouffe et personne ne voit rien. Mon cri se retracte en aspirant chaque particule de mon âme. Plutôt Big Crunch que Big Bang. Plutot la folie née du refoulement que la violence qui s'exprime. J'étouffe et personne ne voit rien.

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# Posté le jeudi 17 juillet 2008 16:30
Modifié le jeudi 17 juillet 2008 16:44

Je déteste les gens qui parlent pour ne rien dire.

Je déteste les gens qui parlent pour ne rien dire.


Si je devais rajouter un défaut à la longue liste de ceux de la dernière année que j'ai passée dans cette détestable école de Champion, je dirais que je n'y ai pas lu. Je veux dire lire, vraiment, ne me parlez pas de ces mondes de Sophie et autres. Lire de ces livres qui ont un vrai contenu, qui vous marquent au fer rouge, des livres dont on retire un minimum. L'année est maintenant finie, et en même temps que je respire de nouveau petit à petit, je réapprends à lire.

"Arthur, l'amour, c'est l'infini mis à la portée des caniches et j'ai ma dignité, moi."
Voyage au bout de la nuit, Céline.

"Persse le mitrailla des yeux, l'air furieux.
- Nichons ? Nichons ? Pourquoi, au nom du ciel, les appeler comme ça ?
Dempsey recula légèrement.
- Du calme, du calme. Comment les appeleriez-vous, vous alors ?
- Je les appelerais.. Je les appelerais.. Les dômes du temple de son corps."
Un tout petit monde, David Lodge.

"Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me reste à souhaiter qu'ils y aient beaucoup de spectateurs le jour de mon excécution et qu'ils m'acceuillent avec des cris de haine."
L'Etranger, Camus.

"Le train s'ébranlait. Il s'est aperçu que nous avions oublié une de mes valises, de forme circulaire, près du banc. Il l'a empoignée, s'est mis à courir. Il essayait de rattraper le wagon. A la fin, il s'est arrêté, haletant, et m'a fait un grand geste d'impuissance. Il gardait la valise à la main et il se tenait très droit sous la lumière du quai. On aurait dit une sentinelle qui rapetissait, rapetissait. Un soldat de plomb."
Villa triste, Patrick Modiano.

"Et Emma cherchait à savoir ce que l'on entendait au juste dans la vie par les mots de félicité, de passion et d'ivresse, qui lui avaient paru si beaux dans les livres."
Madame Bovary, Flaubert.

" 'Non'; elle a crié tout haut. Pas Catherine. Je ne permettrai pas qu'on lui fasse ce qu'on m'a fait. Qu'as-t-on fait de moi ? Cette femme qui n'aime personne, insensible aux beautés du monde, incapable même de pleurer. Cette femme que je vomis. Catherine : au contraire, lui rouvrir les yeux tout de suite et peut-être un rayon de lumière filtrera jusqu'à elle, peut-être elle s'en sortira... De quoi ? De cette nuit. De l'ignorance, de l'indifférence."
Les belles images, Simone de Beauvoir.

"Il continua à mâchonner des mots, avec une espèce de distraction. Il parlait sûrement pour s'empêcher de penser. Il sentait l'urine à plein nez comme les vieux prostatiques. Naturellement j'étais de son avis, tout ce qu'il disait, j'aurais pu le dire : ça n'est pas naturel de mourir. Et, depuis que j'allais mourir, plus rien ne me semblait naturel, ni ce tas de poussière, ni le banc, ni la sale gueule de Pedro. Seulement, ça me déplaisait de penser les mêmes choses que Tom. Et je savais bien que, tout au long de la nuit, à cinq minutes près, nous continuerions à penser les choses en même temps. Je le regardai de côté et, pour la première fois, il me parut étrange : il portait la mort sur son visage. J'étais blessé dans mon orgueil : pendant vingt-quatre heures, j'avais vécu aux côtés de Tom, je l'avais écouté, je lui avais parlé et je savais que nous n'avions rien de commun. Et maintenant nous nous ressemblions comme des frères jumeaux, simplement parce que nous allions crever ensemble."
Le Mur, Sartre.


Lisez des vrais livres les amis, ça développe plus l'esprit que Wikipédia et le par-coeur, j'vous jure.




# Posté le mercredi 16 juillet 2008 11:14
Modifié le jeudi 17 juillet 2008 16:44

Je reviendrai à Montréal, plus que tout au monde.

Je reviendrai à Montréal, plus que tout au monde.


Dans mon oreille s'engouffrent des cris de lumière. Des cris stridents d'une lumière de l'heure de midi, blafarde. N'entendez-vous pas que tout a un son ?
Je suis au milieu d'une pelouse que tout éclaire, qui réverbère avec tant d'acharnement les viscieuses ondes lumineuses. Je veux fuir mais le sol me rattrape ; il se soulève pour rejoindre mes mains et soumettre mes genoux. Où est le monde ? Je veux rejoindre les bras de l'ombre du saule pleureur protecteur mais la texture de l'air m'en empêche. J'avance à contre-courant entre les vagues d'oxygène ; les marées déferlantes de l'athmosphères tentent de me repousser. Je suffoque, ce qui me faisait vivre autrefois m'étouffe aujourd'hui. Des morceux de vent se coincent dans ma gorge ; où est l'obscurité tant désirée ? Mes membres tremblotent et se disloquent, je suis une marionette qui s'enfonce dans la terre mouvante. Ma bouche devient béante, tout y est aspiré : le vent, l'air, l'oxygène, les sons, la lumière, les couleurs. Je suis un gouffre sans fond. Je gonfle de tout ce qui s'engloutit en moi : je suis l'Univers et je ne suis plus rien. Synesthésie.



(Le texte n'a rien à voir, et la photo a été prise dans le Vieux-Port.)


# Posté le dimanche 15 juin 2008 11:09

Image : une nouvelle fois de moi, à Montréal. Je n'ai aucune prétention artistique en ce qui concerne la photographie, mais j'aime bien l'ambiance qui se dégage de cette image et les mains de la femme qui mange que l'on voit par la fenêtre.

Image : une nouvelle fois de moi, à Montréal. Je n'ai aucune prétention artistique en ce qui concerne la photographie, mais j'aime bien l'ambiance qui se dégage de cette image et les mains de la femme qui mange que l'on voit par la fenêtre.


Vent coureur, vent aphone, emporte mes particules. Arrache ce qui est de trop, je te donne mes larmes, je te donne ma peau. Je n'ai plus froid, je n'ai plus peur, tu es venu si fort pour me désintégrer.
Tes petits bras de vide me déshabillent, joueur, pervers, lubrique. Je me laisse faire, la gorge tendue vers le ciel en un rire démoniaque. Tu tatônnes .. Que trouves-tu ? La porte s'entrouvre, le cadenas saute, les secrets t'éclaboussent.. Des cafards. Imposture, il n'y a là-dessous qu'un tas de bêtes noires grouillantes dégueulasses visqueuses luisantes nauséabondes. Tu te rétractes .. Trop tard ! La poupée se décompose, les cafards-infection te contaminent.
Que reste-t-il ? Un démon hurlant s'échappe de ce cloaque telle une fusée. Il tend les bras, de longs bras noirs, condensés d'obscurité, pour contenir le ciel immense, le ciel transparent ici, le ciel bleu cassant là-bas. En vain.




# Posté le lundi 02 juin 2008 15:44
Modifié le dimanche 15 juin 2008 06:30