Je passe ma vie dans les bus et dans les trains. Et j'ai toujours un carnet où j'aligne quelques mots quand m'en vient l'inspiration. A défaut d'écrire de vrais textes ;)
J'ai la tête qui tourne, c'est le manque. J'ai vidé trop tôt ma boîte de cachets, à force d'en avaler une double dose. Où se cache le repos, si ce n'est dans ces petites pillules blanches destructrices? Ne pas manger, vomir, ingurgiter trop d'antidépresseurs, tout pour ne pas saisir la réalité dans son ensemble. Rester dans le flou parce que c'est toujours mieux que de plonger dans l'abîme que m'ouvre la conscience sur moi, les autres, le monde.
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Je ne tends pas la main pour ne plus me déséquilibrer. J'attends. Qu'ils viennent seulement. Je ne fuis plus les contacts physiques, leurs doigts me passent au travers. Je prends trop de place mais je n'ai plus de consistance. Le vide, encore. Je suis intouchable, insensible. Coquille vide, Poussière, Dessèchement.
Le bonheur se trouve sûrement plus loin dans l'oubli, plus loin dans l'absence de sentiments. Je persévère.
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J'implose. Mes boyaus se tordent, quelques remous sur la peau de mon ventre. La bouche se plie en une imperceptible grimace, la peau des lèvres se craquèle. J'ai le corps entier qui vibre, mes veines palpitent. J'ai un cri coincé dans la gorge mais je le refoule dans ma trachée. J'étouffe et personne ne voit rien. Mon cri se retracte en aspirant chaque particule de mon âme. Plutôt Big Crunch que Big Bang. Plutot la folie née du refoulement que la violence qui s'exprime. J'étouffe et personne ne voit rien.
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