Image : bouche de métro à Montréal, de moi, pour une fois.

Image : bouche de métro à Montréal, de moi, pour une fois.


I'd rather sink than call someone for help.


"Le voile de la réalité n'est qu'une illusion,
Chaque vision un rêve altéré et torturé,
Toute respiration une indicible crucifixion
Et les sentiments d'impalpables cendres éthèrées."




M. (merci, toi)

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# Posté le dimanche 18 mai 2008 11:10

Modifié le lundi 24 novembre 2008 09:09

Je suis un bâteau ivre à la dérive.

Je suis un bâteau ivre à la dérive.


Et cette odeur infecte de pourriture. Je crois qu'elle vient de moi, de l'intérieur de mon corps dégueulasse. Je retombe chaque jour dans le même piège - comment est-il possible d'être aussi faible ? La question résonne dans le vide.. Je suis fatiguée de chercher une cause et une solution à tout ce bordel, je préfère nettement jouer à altérer ma conscience.



J'aimerais être en colère, oh oui, j'aimerais vraiment mais l'inhibition fonctionne trop bien. Je ne suis en colère contre personne, je ne hais personne. Mon corps subit toutes mes émotions, sans même qu'elles ne me montent à la tête. Je ne ressens rien d'autre qu'un spleen lénifiant.



Boris Vian faisait dire à Colin : "Je passe le plus clair de mon temps à l'obscurcir." Et je trouve que ça s'applique cyniquement bien à mon cas.









Photo : Cindy sherman.

# Posté le dimanche 20 avril 2008 09:40

Modifié le lundi 24 novembre 2008 09:09

DERAPAGE.

DERAPAGE.





It is a slippery slippery slippery slope
I feel me slipping in and out of consciousness






# Posté le lundi 14 avril 2008 15:43

Modifié le lundi 24 novembre 2008 09:09

Je ne sais plus quoi dire.

Je ne sais plus quoi dire.

Incongrue, une voix surgie d'un recoin de ma tête m'a sussuré des paroles délicates. Légereté et pureté étaient ses promesses, « Arrête d'avaler, idiote, garde tes lèvres bien closes, je te ferai voler ». Je l'ai suivie, cette voix, jusqu'à un idéal fait d'os blancs et d'un peu de peau. J'ai voulu disparaître parce qu'exister, c'est toujours prendre trop de place. Squelette en apesanteur, j'étais puissante. Surhomme, surmoi avide de vide.

Euphorie du Néant. Jouissance du Rien. Je ne marchais plus, je flottais. Droguée de la faim. Avec mes côtes à fleur de peau et mes joues creuses, je me rapprochais de la perfection. L'esprit entraînait le corps dans l'ivresse de la métamorphose. Je n'étais plus sans être quelqu'un d'autre : l'Absolu et le Néant mêlés.

A présent, le vide me tord, le vide me mord. Se remplir et puis vomir. Je suis l'incarnation du ça. La saleté suinte sur ma peau ; le dégoût ne me quitte plus. Et ce miroir traître qui me renvoie une image que je ne comprends pas.

Moi n'existe pas entre ces extrêmes. Double je. Double jeu. De deux névroses, je choisis celle qui amoindrit. Je reviendrai vers toi, anorexie, et ton alléchante promesse d'abnégation de l'être. L'esprit et le corps se réconcilieront dans la faiblesse, les émotions s'annihileront dans cette chute. Je deviendrais à nouveau un idéal de transparence.



# Posté le mardi 08 avril 2008 15:10

Modifié le lundi 24 novembre 2008 09:10

"Pourrais-tu redevenir la petite Apolline de 4eme, stp ?"

"Pourrais-tu redevenir la petite Apolline de 4eme, stp ?"


I'm not there, this is not happening. Comme un mantra. Se désinvestir de la réalité pour survivre. Elle me parlait et je regardais ses lèvres bouger. Je faisais toujours ça – regarder les lèvres des gens bouger. Mais ce n'était pas ça les rèles du jeu – était-ce seulement un jeu ? Je ne crois pas. Dans ce cabinet banal – un divan, deux fauteuils, un bureau, un tableau dont j'avais observé les moindres détails -, comment voulait-elle que mes mots aient une consistance ?

I'm not there, this is not happening. Alors je me mettais à parler, compulsivement. Quand j'ouvrais la bouche pour parler de moi, c'était trop, toujours trop. Je suis trop. Et des mots, encore des mots. Je bégayais, mes phrases étaient tordues, comme moi, comme mon âme. Elle m'écoutait attentivement, essayait de démêler mes émotions, de démasquer les mensonges, de trouver des liens logiques.

Je pouvais dessiner si je voulais, pour apaiser cette angoisse incontrôlable, cet horrible étau qui m'enserrait l'oesophage. J'acceptais et je peignais des entrelacs de couleurs ou la mer, souvent. Je ne savais pas pourquoi. L'eau me reposait. Mais le temps finissait par nous rattraper. 45 minutes, c'est pas grand-chose dans une semaine. Je sortais de là calmée et dans le bus qui me ramenait chez moi, je pensais que je l'aimais bien ma psychiatre, mon médecin des fous.




# Posté le mardi 18 mars 2008 17:39

Modifié le lundi 24 novembre 2008 09:10