The more I try to erase you - the more, the more that you appear.

The more I try to erase you - the more, the more that you appear.



Et cet étau qui m'enserre le coeur - non, l'oesophage, plutôt - c'est insoutenable. J'ai peur.



J'viens de me rappeller d'un truc, là. Quand j'étais petite, mon livre préfèré s'appelait "Okilélé". C'était l'histoire d'une souris dont la famille avait crié "Oh qu'il est laid" à la naissance tellement il était pas beau. Du coup c'était devenu son prénom. Il dérangeait tout le monde avec sa laideur alors il avait fini par vivre dans le placard sous l'évier et par s'y aménager un chez-soi. Ca me fait rire parce que, maintenant, toute obèse et laide que je suis, quand je suis chez moi, je passe la plupart de mon temps recluse dans le grenier, à écrire, fumer, peindre mes névroses et dessiner des filles maigres. J'y ai un fauteuil et une table (retapés par mes soins), ma lucarne, mon tapis... J'crois que c'est ce qu'on peut appeler l'ironie du sort. Bref, si j'avais su...



# Posté le vendredi 07 mars 2008 14:19

Modifié le lundi 24 novembre 2008 09:11

Je suis toute comme les autres, tu sais ; aussi névrosée et aussi vivante que le reste de l'humanité.

Je suis toute comme les autres, tu sais ; aussi névrosée et aussi vivante que le reste de l'humanité.



Plus bas. Toujours plus bas. Jusqu'à en perdre la notion de direction, en dessous des limites, au-delà de tout repère. Et l'euphorie qui vendra avec le néant, je l'attends déjà avec impatience. Toucher le fond et aller plus loin. Je chute et la vitesse me grise. Je retourne vers ce qui est ma vraie nature.
Les souvenirs s'estompent, les images se ternissent. Qu'est-ce que la réalité? La mienne semble si différente de celle des autres. J'ai du mal à parler, à rire, à regarder aux bons endroits, à aimer ce qui en vaut la peine, à aimer tout court. J'écris et je perds pied. Mon monde à moi, c'est ce qui me détruit et ce qui me protège, les deux étant tellement liés.
Il me reste un refuge absolu : mes nuits. Dès que je ferme les yeux, des images de toutes les couleurs m'envahissent. Mes hallucinations. Les formes dansent, un brouillard recouvre tout mais ils sont tous là, d'une manière ou d'une autre, mes démons. Ceux qui existent et ceux que j'ai fabriqué. Ils habitent mon corps avec tant de bruit. Des plaintes lancinantes, des murmures suaves, des cris abrupts se mélangent. Désordre.
Je rêve de leurs regards, surtout, de leurs yeux sur moi. Tout cela est bien malsain, je crois. Mes nuits sont plus peuplées que mes journées.
Le réveil arrive de toute façon. Le dégoût qui me dévore, qui me colle à la peau dès ce moment-là, ne disparaît pas. Dès les premières minutes de conscience, être confrontée à son reflet - est-ce bien moi dans le miroir? Je ne me supporte plus. Il faut que je continue à dégringoler pour atteindre la pureté que je recherche.


Je voudrais hurler pour ne plus penser.




# Posté le mercredi 06 février 2008 12:06

Modifié le lundi 24 novembre 2008 09:11

It's the disease of the age, it's the disease that we crave.

It's the disease of the age, it's the disease that we crave.



Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été comme ça. Vide. Irrémédiablement creuse. Il suffit que je ferme les yeux pour avoir le vertige.
Je marche et je réfléchis à tout ça. J'écris déjà en pensées. Sous mes pieds, le même trottoir que la veille. Autour de moi, les mêmes gens, il me semble. Peut-être pas. Tout le monde finit par se ressembler tellement.
Tout est flou, sauf mes contours. Je vacille. Il me reste une centaine de mètres à parcourir jusqu'à mon arrêt de bus. On m'adresse la parole, on m'aborde : "C'est mauvais pour votre santé, ça, mademoiselle." De quoi parle-t-il? De ma cigarette, sans doute. De la cigarette qui est là, entre deux doigts de ma main droite, comme par réflexe. Je ne réponds pas, je plâne. Le vide, c'est plânant.
Je manque d'espace. Cette impression d'étouffer, c'est cette écharpe que je porte en permanence, peut-être. La tête qui tourne, une sensation d'écoeurement au bord des lèvres, le souffle court, j'ai l'impression que je ne pourrais jamais plus respirer comme ...
Comme les autres.
Comme avant.
Avant quoi?
J'ai du mal à déglutir, en fait. La gorge trop sèche, il faut inspirer un petit peu, avaler juste assez d'air pour survivre. Il y a trop de vie dans mes veines et pas assez de raisons pour cela.


Le vide, quand il ne reste plus que ça et qu'il commence à vous dévorer toute entière, c'est jouissif. Et aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été comme ça.




_Yes Yoko Ono !

# Posté le jeudi 10 janvier 2008 12:17

Modifié le lundi 24 novembre 2008 09:11




52min31.



# Posté le dimanche 06 janvier 2008 15:58

Modifié le lundi 24 novembre 2008 09:12

Je devrais être heureuse. C'est ce que tout mon entourage me reproche - je devrais être heureuse et je ne le suis pas.

Je devrais être heureuse. C'est ce que tout mon entourage me reproche - je devrais être heureuse et je ne le suis pas.


Il y avait cette maison. Des paniers accrochés sous la fênetre débordaient de faux cadeaux de toutes les couleurs et une guirlande lumineuse décorait la corniche. Ca m'a rappelé que c'était Noël. J'aimais pas cette fête, et tous ces repas de famille dégoulinants de nourriture.
A un moment, une voiture s'est arrêtée et deux enfants en sont descendus, chacun un paquet à la main. Ils ont sonné à la porte de la maison et une jeune femme est venue leur ouvrir. Ils se sont tous engouffrés, le rouge aux joues, dans la chaleur et la lumière que l'on devinait par l'entrebaillement de la porte.
Et moi, j'étais de l'autre côté de la route et j'observais. Je me tenais debout dans la pénombre, il faisait froid et j'attendais un bus qui de toute façon ne viendrait pas. Alors, j'ai repensé à ce qu'elle m'avait dit. Et j'ai murmuré dans un sourire : in-ter-ne-ment, en détachant bien les syllabes. Ca avait un goût de victoire. Un goût de victoire un peu amère, mais de victoire quand même.

Le lendemain, quand j'ai dû retourner à l'école et rejouer toute cette comédie, ça a été plus façile pour une fois. Parce qu'en même temps que je leur parlais et je que je leur souriais, je pouvais penser très fort : IN-TER-NE-MENT.




_'Golconda' Magritte.

# Posté le dimanche 23 décembre 2007 13:08

Modifié le lundi 24 novembre 2008 09:12