Et cet étau qui m'enserre le coeur - non, l'oesophage, plutôt - c'est insoutenable. J'ai peur.
J'viens de me rappeller d'un truc, là. Quand j'étais petite, mon livre préfèré s'appelait "Okilélé". C'était l'histoire d'une souris dont la famille avait crié "Oh qu'il est laid" à la naissance tellement il était pas beau. Du coup c'était devenu son prénom. Il dérangeait tout le monde avec sa laideur alors il avait fini par vivre dans le placard sous l'évier et par s'y aménager un chez-soi. Ca me fait rire parce que, maintenant, toute obèse et laide que je suis, quand je suis chez moi, je passe la plupart de mon temps recluse dans le grenier, à écrire, fumer, peindre mes névroses et dessiner des filles maigres. J'y ai un fauteuil et une table (retapés par mes soins), ma lucarne, mon tapis... J'crois que c'est ce qu'on peut appeler l'ironie du sort. Bref, si j'avais su...

